Vive le vent d'hiver

De longues volutes de fumée s’élèvent presque horizontalement de l’usine de Golbey et se perdent, entrelacées. On croirait deviner une cohorte de spectres qui exhalent un ultime  soupir avant de disparaître dans un ciel d’opale, et cela n’augure rien de bon. Un coup d’œil sur la manche à air à l’arrivée me le confirme : la partie va être musclée today.


35 à 40 nœuds me confirme Michel mais nous décollerons face au vent, « ça devrait aller ». Moi, courageuse mais pas téméraire, je vois déjà la difficulté… je lui souffle comme pour mieux me motiver « Bon, on peut essayer, mais si c’est trop dur on n’insiste pas ok ? »

 

Michel cool : « Bien sûr, on peut faire 5/10 mn même ».

 

Marcel qui est de passage au Club m’aide à sortir l’Ulm que nous attachons bien une aile inclinée du coté du vent. « Brrrr , tu es courageuse» frissonne-t-il en me souhaitant bon vol.

 

Au roulage, je sens déjà le vent impatient de jouer avec mon aile. Je m’aligne et je décolle en 02 (mon coté préféré). Calmant  aussitôt comme je peux la bestiole qui décolle à la verticale… Whouaaa.... dites, la leçon d’hier tombait à pic, le palier, penser au palier !

 

Un vent d’hiver capricieux aux tonalités rudes et glaciales nous agitent copieusement maintenant jusqu’à  environ 1000 ft où, lassé sans doute, il nous abandonne…. pour mieux nous retrouver plus tard dans ma descente et jouer les trouble fête dans mes atterrissages.


 

J’entends Michel me dire dans l’intercom, "c’est difficile aujourd’hui hein ?  sans doute la leçon la plus difficile de ta formation.. ". Bien sûr, très difficile, je me bat avec l'engin, vigilance orange ;o). Je ne me risquerais pas à voler avec ce vent toute seule, mais avec Michel derrière c’est possible, et très formateur. Je pense d’ailleurs qu’il y a quelques temps encore c’est lui qui aurait refuser de voler avec moi avec autant de vent. Gardons à l’esprit qu’on peut très bien décoller un jour par temps calme et se poser une heure plus tard avec des rafales impromptues alors autant avoir déjà vécu si possible la situation pour reproduire alors les bons gestes.

 

Tours de piste longs ou très courte finale, nous verrons méthodiquement chaque cas alors que m’applique, à garder la trajectoire avec mon moteur comme seul allié contre la danse obsédante du vent.

Samedi 1er février 2009
Durée du vol  : 30 mn

Cumul à Dogneville

21 h 15 mn

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